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Du 23 au 27 avril derniers a eu lieu dans les Vosges une expérimentation issue d’une coopération inédite, visant à mieux valoriser l’herbe fauchée sur les bords de route, tout en réinsérant des jeunes éloignés de l’emploi.

Portée par le Pôle Eco Ter, association dédiée à l’économie circulaire et à la création d’emplois locaux, cette initiative a pour objectif de faire d’un déchet inemployé – l’herbe fauchée en bords de route, souvent laissée sur place – une ressource valorisable en méthaniseurs ou plateformes de compostage. Elle est le fruit de la coopération étroite de différents acteurs allant de l’industrie de la fauche à la gestion des déchets, en passant par le Conseil départemental des Vosges et un chantier d’insertion, Jeunesse & Cultures. Trois secteurs sont concernés, dans l’ouest vosgien : le col du poirier, les abords de la zone industrielle de Damblain, de part et d’autre de Liffol le Grand.

Première étape : s’assurer que l’herbe des bords de route est valorisable. Pour cela, il est indispensable d’en ôter les déchets, souvent jetés depuis les véhicules. Il a donc été décidé de les prélever juste avant la fauche. L’association Jeunesse et Cultures, avec ses chantiers éducatifs d’insertion, s’est proposée pour organiser un chantier d’une semaine de ramassage de ces déchets, en partenariat avec le CD 88 afin d’en assurer la sécurité et Evodia afin de trier ces déchets.

Jeunesse et Cultures est une association de prévention spécialisée qui propose aux jeunes des chantiers éducatifs, principalement dans la préservation des milieux naturels

Deuxième étape : collecter l’herbe, jusqu’à présent laissée sur place après la fauche, faute d’engins adaptés permettant de faucher et d’aspirer l’herbe, la collecte a posteriori étant trop coûteuse. C’est cette fois l’industriel Noremat qui a mis gracieusement à disposition des agents du CD88 une nouvelle machine pratiquant à la fois la fauche des accotements et l’aspiration des végétaux vers une benne intégrée. Cette machine suivra de près le passage des jeunes du chantier éducatif.

Ce porteur innovant a été conçu par Noremat dès 2012 pour permettre une triple action : le fauchage, l'aspiration et la collecte dans un caisson mobile qui peut être déchargé et rechargé très rapidement

Quelques échantillons de cette herbe ont été prélevés par Evodia et vont être analysés en laboratoire. Selon leur teneur en métaux lourds, hydrocarbures et sels de route, les acteurs définiront ensemble le mode de valorisation le plus adapté. La méthanisation semble le débouché le plus évident : avec le développement des unités de méthanisation sur le département (fin 2017, on comptait une quinzaine d’unités en fonctionnement, et une vingtaine en projet), les distances à parcourir se réduisent pour valoriser l’herbe fauchée en quelque point du département. Ont été contactées, au plus proche des tronçons de fauche, Gemax Energie à Les Vallois, G3 environnement à Coussey, et ABCDE à Mandres sur Vair. A également été testé lors de l’expérimentation le compostage de l’herbe, au sein de la plateforme d’ABCDE.

Enfin, pour que la logique d’économie circulaire soit parfaite, les déchets collectés préalablement à la fauche feront eux aussi l’objet d’une pesée et d’analyses afin de déterminer la part d’entre eux pouvant faire l’objet d’un recyclage. Ils seront ensuite acheminés dans les décheteries les plus proches, selon un protocole mis en place par Evodia.

Les résultats de cette expérimentation visent à tester le matériel et les débouchés permettant de valoriser l’herbe des bords de route du département. A terme, le potentiel d’herbe récoltable sur les 3 226 km de routes départementales est de 16 000 tonnes par an, à raison de 2 coupes annuelles.

Enfin, cette expérimentation revêt une dimension de sensibilisation au recyclage, puisqu’une visite du centre de tri de Razimont a été organisée en début de chantier pour les jeunes ainsi que pour les agents du conseil départemental amenés à intervenir ponctuellement sur le ramassage des déchets présents sur les accotements.

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